Devenir mangaka est sans doute le rêve de bien des lecteurs de manga et autres dessinateurs en herbe, au Japon comme en France. Comme le montre Bakuman, il n’est pas facile de réussir dans ce domaine, ni même de tenir le rythme une fois qu’on a décroché une publication. Il suffit de lire Histoire(s) du manga moderne pour s’apercevoir que nombre de mangaka ont connu des fins un peu prématurées. Même le malheureux Eiichiro Oda, auteur du célébrissime One Piece, rêve de pouvoir prendre une petite semaine de vacances pour profiter un peu de sa fortune.

(© Etsuko Mizusawa-Komikku)
(© Etsuko Mizusawa-Komikku)

Comme Bakuman, Yako et Poko se penche sur l’univers des mangaka, mais d’une manière complètement décalée. Dans un futur étrange où les assistants sont des robots, mais où les ordinateurs sont extrêmement lents, la mangaka Yako fait de son mieux pour produire son quota hebdomadaire de pages. Elle est aidée par Poko, un assistant en « mode brouillon ». Car il existe plusieurs sortes de robots assistants : les « bons à rien », les « modes optimaux », capables d’une production rapide et parfaite, permettant à leur propriétaire d’écrire plusieurs séries à la fois, et les « modes brouillon », plus lents, qui parfois se trompent de trame ou oublient de gommer un crayonné, mais qui sont néanmoins capables de fournir un travail utile. Yako a préféré un mode brouillon, car elle-même ne se sent pas optimale du tout et est consciente de ses limites.

Ne vous attendez pas à trouver dans cette série d’Etsuko Mizusawa, publiée chez Komikku, une aventure trépidante ou un rythme de fou à la Bakuman. Le manga est empreint d’une poésie un brin mélancolique, servi par un dessin plein de rondeur, exposant avec nonchalance le quotidien de Yako et Poko, la tendresse de leur relation, leur façon de prendre soin l’un de l’autre. Entre deux chapitres, Poko fait un petit exposé fort instructif sur l’un des aspects techniques du métier (les trames, le gommage, l’encrage, etc).

Personnellement, j’ai beaucoup aimé le thème du « mode brouillon », et la tolérance de Yako envers ses propres faiblesses et celles de son assistant. Voilà un personnage qui, tout en essayant de faire de son mieux, n’est pas dans le dépassement de soi, le « toujours plus », l’agitation permanente, le perfectionnisme anxieux et la haine de ses faiblesses, au rebours d’une tendance lourde de nos sociétés. Derrière son apparence anodine, ce manga s’avère assez original et peut-être plus profond qu’il n’en a l’air. Être un mode brouillon calme et tranquille n’est pas dépourvu de charme !

Écrit par Élisabeth de Sukinanihongo

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