Suite à la démission de Yoichi Masuzoe pris dans des scandales financiers, des élections anticipées ont été organisées ce dimanche 31 juillet pour élire le nouveau Gouverneur de Tôkyô. Et pour la première fois c’est une femme, la conservatrice Yuriko Koike, qui remporte le poste.

Yuriko Koike au Forum Économique Mondial en 2008 (© www.weforum.org)
Yuriko Koike au Forum Économique Mondial en 2008 (© www.weforum.org)

Outre l’élection de Yuriko Koike avec 44% des voix, ce scrutin est marqué par une autre surprise, le taux de participation. En effet, avec une participation de 59,73% c’est 13.59 points de mieux que lors des dernières élections et le second meilleur taux depuis 1989. Autre point important qui peut expliquer ce résultat, les femmes se sont davantage rendues aux urnes que les hommes ce qui reste très rare dans l’archipel.

Bien que membre du Parti Libéral-Démocrate (PLD) au pouvoir, la candidate s’est présentée sous l’étiquette « indépendant ». La coalition au pouvoir composée du PLD et du Kômeitô soutenait de son côté Hiroya Masuda, ancien Ministre des Affaires internes et de la Communication. Le PLD va devoir maintenant clarifier ses positions quant à la Gouverneure afin de ne pas perdre son influence sur la capitale nippone. Même si cela peut apparaître comme une défaite pour le parti au pouvoir, il est néanmoins possible pour le PLD de conserver la main sur Tôkyô après l’éviction de Masuzoe.

Yuriko Koike a un parcours relativement atypique parmi les politiques japonais. En effet, elle est diplômée de l’Université du Caire et parle donc couramment l’arabe. Elle a ensuite été présentatrice TV avant de s’engager en politique où elle s’est opposée au PLD pendant un temps avant de le rejoindre. Elle a notamment été Ministre de l’Environnement sous Jun’Ichiro Koizumi où elle a fait la promotion du « Cool Biz » puis Ministre de la Défense pour 55 jours sous Abe. À la fois militante écologiste, libérale et conservatrice, elle est membre de la Nippon Kaigi, lobby révisionniste. Elle prône, par exemple, le militarisme, le shintô d’État ou la révision des manuels scolaires.

Pierre-Etienne De Lazzer – sources : The Mainichi, The Asahi Shimbun