Alors que se terminait lundi une rencontre diplomatique de haut niveau entre la Corée du Nord et le Japon, les deux Corées ont échangé le même jour des tirs d’obus par dessus une frontière contestée.

La péninsule coréenne, 2005.
Vue satellite de la péninsule coréenne, 2005.

Entre essais nucléaires et tests de missiles longue portée, le régime de Kim Jong Un n’a cessé de provoquer crainte et indignation chez ses voisins qui voient en lui une menace, instable et imprévisible. Initiées par des discussions informelles entre Tôkyô et Pyongyang en marge d’une conférence humanitaire en Chine au début du mois de mars, la rencontre du lundi 31 laisse toutefois présager une détente entre les deux ambassades.

Selon Junichi Ihara, chef de la délégation japonaise envoyée à Beijing (Pékin), ces deux jours d’entrevue devaient porter sur le sort des Japonais enlevés par la Corée du Nord entre 1970 et 1980 pour servir de formateurs aux espions du régime communiste. Les liens diplomatiques avaient été suspendus fin 2012, alors que le Japon se joignait à la communauté internationale pour condamner de nouveaux essais nucléaires menés par Pyongyang. Pour cette première rencontre depuis plus d’un an, les deux parties ont fait preuve d’optimisme : « Nous voudrions engager des discussions franches et sérieuses sur de nombreux problèmes restés en suspens des deux côtés » a annoncé Ihara. Un désir de détente diplomatique aussitôt confirmé par son homologue nord-coréen, Song Il-Ho. Si la question des programmes militaires de la République Populaire Démocratique de Corée reste délicate, une autre rencontre devrait être prévue à Tôkyô plus tard cette l’année.

Entre les deux Corées, en revanche, la réconciliation ne semble pas être à l’ordre du jour. Au moment où les discussions s’achevaient à Pékin, des obus éclataient de part et d’autre de la frontière maritime à l’Ouest de la péninsule coréenne, en mer Jaune. En début de matinée, les autorités de Séoul avaient été prévenues que des exercices à tirs réels allaient être menés dans la zone. Mais l’explosion de projectiles du côté sud de la frontière contestée a provoqué une réponse immédiate des forces sud-coréennes. En fin de journée, pas moins de 800 obus avaient été échangés (500 tirés par le Nord, 300 par le Sud), atterrissant dans la mer sans faire de victime. La Corée du Sud a tout de même appelé les habitants des îles voisines à rejoindre les abris. L’une d’elles, Yeonpyeong, avait déjà été prise pour cible en 2010 par des tirs d’artillerie venant du Nord causant la mort de 4 personnes.

« Le but est de nous menacer et d’exacerber les tensions non seulement au niveau de la frontière en mer Jaune, mais aussi dans toute la péninsule » s’est inquiété Wi Yong-Seop, porte parole du ministère de la défense sud-coréen. Les manœuvres militaires menées par le Nord se sont multipliées ces derniers mois. Les dirigeants nord-coréens entendent ainsi protester contre la coopération militaire entre États-Unis et Corée du Sud qu’ils jugent menaçante. Dernièrement, la pression internationale sur Pyongyang est également montée d’un cran : une résolution du Conseil des Droits de l’Homme à l’ONU l’accuse de « crime contre l’humanité à grande échelle ».

Iban Carpentier – sources : Asahi Shimbun, News on Japan, Japan Today, Channel NewsAsia, 20 Minutes

Article précédentDevenir professionnel du saké en France
Article suivantUne chanteuse et actrice à Japan Expo 2014

1 COMMENTAIRE

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.