C’est par le biais d’un concours de rédaction que Motivist japan a fait gagner un séjour de 4 semaines au Japon, en partenariat avec Japon infos. A cette occasion, nous avons décidé de publier chaque week-end les meilleurs essais retenus, jusqu’à celui de la grande gagnante !

Essai de Murre Julie Anna.

Les raisons qui me poussent aujourd’hui à vouloir apprendre le japonais sont simples. Pour les comprendre, il faut tout d’abord connaître mon modeste parcourt. Je m’appelle Julie Anna j’ai aujourd’hui 25 ans et viens de remettre ma candidature à l’université de Strasbourg dans le but d’intégrer une première année D’étude de langue littérature et civilisation étrangère et régionale, axée sur le Japon et l’étude de sa langue. Bien qu’ayant toujours été attirée par l’Asie et le Japon en particulier, je n’ai jamais vraiment su ce que je voulais faire de ma vie. Autodidacte et curieuse, je me suis intéressée à beaucoup de domaines et me suis malheureusement dispersée. Arrivée à la fin du lycée j’ai obtenu mon baccalauréat avec mention et ai entamé une première année d’étude du droit sur les conseils de mes professeurs. Cette année m’a prodigieusement ennuyée. Ne voulant pas passer mon temps sur les bancs de l’école à « errer sans but » j’ai fais divers petits boulots en attendant d’avoir une meilleur visibilité sur mon avenir et ce que je voulais en faire. Mais les années passèrent et aucune révélation ne vint.

Et un jour tout à fait fortuitement, je suis tombée sur un film historique Japonais.

Le film en lui-même n’avait rien d’extraordinaire mais j’ai tout de même été frappée par une chose : la langue. Les sons, les intonations, la force des mots et de ce qu’ils exprimaient dans leur pudeur, tout était incroyablement parfait. De la poésie à l’état brut pensais-je alors. A partir de cet instant, je me suis mis à dévorer les animés, les films, les chansons, appréciant la beauté de cette langue à la signification encore inaccessible dans son essence pur. Mais les traductions ne me suffisaient plus. Je voulais saisir le sens primaire des mots, les décortiquer, les maîtriser et peu m’importait la difficulté de la tâche, je décidais qu’un jour, je parlerais japonais. Naturellement avec celui de la langue, naquis un intérêt croissant pour la culture japonaise, si diamétralement opposée à le notre. La richesse naît de la différence dit-on, et c’est vrai. Sur les bases de connaissances glanées de si de là, au cour de ma jeune vie, je me plongeais avidement dans l’histoire du Japon depuis l’époque Jômon jusqu’à l’ère Edo que j’étudie en ce moment-même, j’apprenais, analysais et décortiquait l’histoire de l’archipel. Qu’importe que l’université veuille de moi ou non, j’étudierais le programme seule, même si cela prendrait des années.

Et puis Il y a quelques mois de cela, je jetai toutes mes maigres économies dans le voyage de ma vie, direction Tokyo. Je voulais confronter mes idées à la réalité et savoir une bonne fois pour toute si cette passion subite était ou non destinée à perdurer. Grâce à quelques sites internet je parvins à nouer quelques contactes sur-place. Je n’avais jamais quitté l’Europe, mon plus grand voyage ayant été la découverte de la Toscane en Italie occidentale. Je n’avais non plus jamais voyagé seule, et l’intérieur d’un avion n’était alors pour moi qu’une image sur un écran de télévision. Mais qu’importe, déterminée, je plongeais précipitamment dans l’inconnu en laissant derrière moi, famille et amis abasourdis. Le voyage fut éprouvant et je mis un temps considérable à rejoindre l’air BnB que j’avais loué. C’est ce premier jour que j’ai découvert une chose que je n’oublierais jamais, la gentillesse des Japonais. Même fatiguée je me refusais à la facilité, comprenez-vous je voulais être celle qui fait l’effort de parler la langue du pays dans lequel, l’étrangère que je suis avait mi les pieds. De ce fait j’ai été accueilli très chaleureusement, on m’a mis dans les bons trains, porté mes bagage, traversé des quartiers entier la nuit pour m’accompagner sans rien demander en retour alors que je n’avais fait que demander mon chemin ! Incroyable pensais-je, mais qu’ais-je bien pu faire pour mériter une telle gentillesse. Naturellement je remerciais à la japonaise, je déployais des efforts monumentaux pour employer les justes formules de politesses et ne pas faire de fautes de grammaire.

Bref, commencèrent alors deux semaines, seule en immersion totale au japon. J’ai mis à cœur de découvrir tous les aspects de la vie tokyoïtes en gardant à l’esprit que Tokyo ne pouvait à elle seule résumer les nuances du pays. J’ai visité chaque quartier, empruntant le dédale de réseaux ferroviaires, demandant régulièrement des informations aux passants et trouvant tous les prétextes du monde pour exercer mon maigre parlé. Je ne me suis pas contenté des lieux « typiques » que tous les touristes comme moi s’empressent de photographier, je me suis perdue dans les petites ruelles, mangé dans des petits traiteurs de coin de rue et m’exerçais quotidiennement à déchiffrer les Hiragana et quelques pauvres Kanji que je connaissais. Les gens étaient si gentils et spontanément bienveillants, que je me faisais un devoir de me rendre utile moi aussi. Aider une vieille dame à porter ses courses, retrouver le doudou d’un enfant etc…

De ma vie, jamais je ne suis sentie plus sereine et plus en sécurité. Pas une fois je n’ai regardé pardessus mon épaule ou serré mon sac contre moi dans les transports bondés. Pas une fois je me suis sentie seule au milieu de cette immense fourmilière dans laquelle je n’étais qu’un point insignifiant. C’était bon d’être anonyme et de faire partie d’un tout. J’ai trouvé merveilleux qu’une fille puisse se promener habillée en robe des années 1300 bardée de nounours sans se faire regarder ou médire, pour peu qu’elle se comporte correctement et respecte les autres. Naturellement il serait fou de croire qu’au Japon tout est parfait, les différences culturelles rendent complexe la compréhension de leurs mentalité et art de vivre, les japonais se surmènent, laissent peu de place à leurs sentiments dans leur vie et conçoivent l’existence avec un regard parfois compliqué à saisir pour les étrangers comme moi. Mais je pense du fond du cœur que ce pays peut faire de moi une personne meilleure et qu’il y a beaucoup à apprendre de nos différences. J’ai trouvé au Japon, une partie de moi-même, un second foyer dans lequel je pourrais m’épanouir. Naturellement il m’est arrivé des catastrophes, je me suis fait renversé par un vélo, ai perdu mon téléphone dans une gare (J’ai heureusement pu le retrouver en ne parlant que japonais !) Mais je n’ai jamais autant pleuré que le jour de mon départ.

Alors voila. Mon avenir se jouera dans les prochains mois, en priant pour que l’on veuille bien me donner une chance de faire mes preuves et de travailler dur. Je pense que ces quatre semaines pourraient me permettre de continuer ce que j’ai commencé et ce serait pour moi une chance inouïe de pouvoir réaliser mon rêve. Alors voilà, ceci reste à votre bon vouloir, et je ne pourrais que m’incliner face à votre jugement. Je n’ai pas de faculté extraordinaire, je ne suis pas un génie, ne suis pas étudiante, et n’ai plus la fraîcheur de mes dix-huit ans. Je n’ai pour moi que mon humble désir d’apprendre et ma passion pour ce pays, comme je l‘imagine, tant d’autre personnes à côté de moi. Mais je puis vous assurer que ces quatre semaines changeront ma vie et que je saurais les mettre à profit.

En espérant que le lecture ne fut part trop fastidieuse, je vous remercie d’avoir pris de votre temps pour me lire.