Dans la revue de presse de ce mardi 30 avril, nous vous proposons une édition spéciale pour l’abdication de l’empereur, événement historique pour le Japon. Nous vous expliquerons le déroulement de la cérémonie, puis nous reviendrons également sur le règne d’Akihito, et enfin nous verrons quel rôle tient l’impératrice.

La fin de l’ère Heisei 

Ce mardi, l’empereur du Japon, Akihito, a abdiqué. Cela fait trois ans ans que celui-ci avait annoncé qu’il se retirerait du trône impérial au profit de son fils, Naruhito. C’est la première fois depuis 200 ans qu’un tel évènement se produit, tandis que traditionnellement le nouvel empereur ne monte sur le trône du Chrysanthème que lorsque l’empereur précédent décède.
L’abdication consiste en plusieurs cérémonies se déroulant dans différents sanctuaires. La première a eu lieu ce matin. Akihito, vêtu d’une robe de cérémonie orange, a annoncé son départ du pouvoir aux divinités shintô dont la déesse Amaterasu, considérée comme l’ancêtre de la famille impériale. Le dernier rituel consiste, quant à lui, en la dernière allocution de l’empereur, puis à l’annonce de son départ aux autres membres de la famille impériale et aux autorités. Le règne d’Akihito durera jusqu’à minuit, puis Naruhito montera sur le trône après avoir reçu les emblèmes et sceaux impériaux. Cet événement marquera l’entrée dans la nouvelle ère : Reiwa.

Trente ans d’un règne symbolique 

Le règne de l’empereur Akihito restera unique en son genre. Ce dernier est le premier empereur a avoir été intronisé sans être considéré comme une divinité. Son père, Hirohito, s’était fait retirer cette distinction lors de la mise en place de la nouvelle Constitution. Le nom de l’ère qui a encadré son règne, Heisei, signifie accomplissement de la paix. Une maxime qu’Akihito a respecté à la lettre pendant son règne. Si ces trente dernières années sont restées pacifiques pour le Japon, le pays a néanmoins connu plusieurs catastrophes naturelles, comme l’éruption du Mont Unzen en 1991, le séisme de Kôbe et l’attaque au sarin à Tôkyô en 1995, et la catastrophe du Tôhoku en 2011. Alors que la réserve lui est imposée par ses fonctions, il a tenu a se rendre auprès des victimes pour entendre leurs récits. Il s’est également excusé auprès des pays que le Japon a touchés pendant la Seconde guerre mondiale. Si la plupart de ses sujets l’admirent, certains assurent que l’empereur a outre passé ses droits et a glorifié sa personne au lieu de sa fonction. 

Pas de cérémonie pour l’impératrice Masako

Lors de l’intronisation de son mari, la future impératrice, Masako, sera absente. Mariée à Naruhito depuis 26 ans, cette dernière devra suivre la loi impériale sur les ménages qui dispose que les femmes de la famille impériale ne sont pas autorisées à être dans la salle lorsque le nouvel empereur reçoit les insignes sacrés. Cet évènement est révélateur de la place des femmes au sein du système impérial. Depuis une loi de 1947, aucune femme n’est autorisée à monter sur le trône du Chrysanthème. Cette conception d’un trône impérial exclusivement masculin reste assez récente et date du XIXe siècle. Avant cela, huit femmes étaient devenues impératrices. Ce principe a posé maintes fois des problèmes à la famille impériale alors que les héritiers se faisaient rares.