Au Japon, les femmes qui travaillent ont tendance à avoir un emploi irrégulier, et elles ont parfois besoin de cumuler plusieurs emplois pour subvenir à leurs besoins. Malgré les quelques aides publiques, un grand nombre de mères célibataires sont en dessous du seuil de pauvreté.

Une précarité qui a des conséquences sur leurs enfants, qui ne peuvent pas accéder à une éducation supérieure à cause du coût élevé et finissent par effectuer un emploi précaire eux aussi. Mais en plus de cette pauvreté, ces femmes doivent supporter la « culture de la honte », car la société japonaise regarde de haut les mères célibataires. Junko Terauchi, directrice du Conseil promotionnel d’aide sociale d’Ôsaka, explique qu’elles font de leur mieux pour ne pas avoir l’air pauvre, en achetant des cosmétiques et du vernis à ongles à 1 euro pour entretenir leur apparence. Les représentants municipaux, souvent des hommes, disent parfois alors : « vous n’avez pas l’air d’avoir besoin d’aide », selon Junko.

C’est ainsi que le groupe de soutien Mama United a lancé un projet afin de fournir des conseils et des informations aux mères gratuitement. Le groupe a été créé par Satoshi Fujishiro, le président de Mama Square, une entreprise qui gère des espaces de travail équipés d’une garderie et d’une cafétéria. Mama United permet aux mères célibataires de demander conseil en ligne à celles ayant plus d’expérience. Hiroyuki Tateyama, un avocat travaillant pour le groupe et élevé par une mère célibataire, affirme : « les mères seules ne devraient pas être seules en détresse. J’espère qu’elles solliciteront l’aide d’un expert. » Il ajoute : « recevoir une aide financière est un droit pour l’enfant ».