La ville de Taiji est tristement réputée en Occident pour sa chasse annuelle de dauphins de septembre à mars. Caroline Kennedy a exprimé son opposition sur son compte twitter, une initiative soutenue par Yoko Ono via une lettre ouverte. 

Marsouins de Dall au marché au Japon
Marsouins de Dall au marché au Japon. Photo : Campaign Whale

La ville de Taiji, au bord de l’océan Pacifique, dans la préfecture de Wakayama, est connue pour organiser chaque année de septembre à mars une chasse aux dauphins. La méthode utilisée consiste à attirer les mammifères vers une baie en utilisant des murs de sons qui les désorientent. Une fois piégés, quelques dizaines de ces dauphins seront choisis pour être vendus à des zoos ou parcs à thème, tandis que les autres seront tués pour être consommés dans les restaurants. Cette pratique, vue comme une tradition par la plupart des japonais, est vivement critiquée à l’international.

Caroline Kennedy, qui est depuis novembre ambassadrice des Etats-Unis au Japon, a exprimé sur son compte Twitter son opposition et celle de son pays face à cette pratique. Elle s’est dite « inquiète par l’inhumanité » de cette chasse, et que le gouvernement américain « est contre ce type de pêche ». Ce tweet a déchainé les passions sur le réseau social mais aussi au sein du gouvernement japonais. Parmi les réponses que Caroline Kennedy a reçues, on peut lire : « c’est inhumain de tuer des millions de vaches et moutons pour la consommation ? ». L’une des plus virulentes dit « Et que dit-on pour le lâcher d’une bombe atomique qui a tué tant de civiles japonais ? Ce n’est pas un massacre à l’aveugle inhumain peut-être ? ». Yoshihide Suga, l’actuel Secrétaire général du Cabinet du gouvernement Abe, a défendu la chasse annuelle de Taiji, prétextant qu’elle « respectait les lois et normes en vigueur », et que « la pêche aux dauphins est une forme de pêche traditionnelle au Japon ».

Yoko Ono a apporté son soutien à Caroline Kennedy en publiant sur son site ImaginePeace une lettre ouverte, datée du 20 janvier 2014, priant le Japon d’arrêter cette pêche. Elle insiste principalement sur l’image que le Japon peut donner au monde en continuant cette pratique, et des préjugés négatifs qu’elle peut entraîner sur le long terme.

C’est le film-documentaire « The Cove – La baie de la honte », sorti en 2009, qui a exposé au monde entier le massacre des dauphins à Taiji. Depuis, des groupes de militants continuent de se battre pour faire arrêter cela, mais avec les événements de Fukushima, l’attention médiatique a été de plus en plus faible.

Daï Kaho – Sources : Japan Times, Asahi Shimbum, National Post, ImaginePeace, Sea Sheperd

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8 Commentaires

  1. Si on peut difficilement comparer les conditions d’abatage moderne des vaches (endormie ou tuées par électrocution) et celles des dauphins sans soute plus archaïque, Arte a diffusé un documentaire récemment sur la pêche qui rappelle que les conditions dans lesquelles les poisons sont pêchés par les bateaux industrielles ne prennent pas en compte la souffrance des poisons (étouffent, coupés vivant, écrabouillés sous les autres poisons…).

    Zut, je viens d’acheter su poisons.

  2. L’opposition est de plus en plus grande. Ils vont peut-être suspendre cette belle tradition ancestrale un de ces quatre avant les J.O.
    Pour les vaches, ça risque de durer encore longtemps.
    Quant aux poissons, leur calvaire s’arrêtera quand il n’y en aura plus, ou quand nous, nous ne seront plus…

    • Mouais! Voila typiquement un article publié par un pêcheur dans une revue sur la pêche! Juste le genre de texte qui permet au « chevalier de la gaule » de continuer son activité en gardant la conscience tranquille. Ou au chef sushi de continuer à lever des filets sur des poissons vivants qui sont ensuite remis dans le vivier.
      Afin de clarifier ma position je précise que je suis pêcheur et, pire que ça, je suis un pêcheur de compétition (concours et championnats). Il est vrai que je ne suis pas un scientifique. Mais je vois bien quand même ce qui se passe lorsqu’un poisson est piqué! Lorsque l’on décroche sa prise le poisson réagit bien aux mouvements que l’on effectue. Dans la majorité des cas la blessure est bénigne et le poisson pourra continuer sa vie aquatique (dans le cadre de la compétition le poisson est remis à l’eau vivant de préférence. Je veux bien admettre aussi que certaines espèces comme la carpe ou le barbillon ont des lèvres très épaisses habituées à retourner des cailloux et que dans ce cas le poisson réagit plus à la traction effectuée par la ligne qu’à la douleur. Mais je croirais jamais qu’un poisson qui crève dans la bourriche après qu’on lui ait arraché l’hameçon n’a pas souffert.
      Rappelons quand même que la douleur joue un rôle dans la protection de l’individu (en lui évitant des actions dangereuses pour sa santé) et je ne vois pourquoi il n’en serait pas de même pour les poissons.

  3. vb2n, je suis sûr que ce documentaire sur la surpêche ne te sera pas passé inaperçu puisqu’il a été diffusé sur Arte il y a quelques jours 😉
    J’invite d’ailleurs qui veut à y jeter un œil:

    Fascinant de constater que la souffrance animale, logiquement reconnue chez le poisson (ce qui est toujours souvent contesté.), est un critère qui se propage sérieusement dans la société humaine.
    Les temps changent…

    • Il me semble que les Japonais sont passés maîtres dans l’art de nier la souffrance animale notamment pour les animaux marins. Je me souviens d’une conversion que j’ai eu avec un Japonais à propos d’un homard.
      Mais bon, lorsque l’on ouvre une huitre, je pense qu’elle a le temps de souffrir avant d’être mangée.

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